chapitre 12: choc

Derrière le lit, il y a un coffre-fort enfoncé dans le mur, évidemment, il faut une clef pour l'ouvrir.
Je prends mon élan, je donne un coup de pied, le plus grand que je n'ai jamais donné.
Je m'en fais mal à la cheville. La petite porte est presque cassée. Je suis dans un état de fureur. Un autre coup et je saurais... j'arrache de toutes mes forces la porte. Je crie, je pleure de nervosité. Je suis presque en transe, en démence. Pourquoi je ne connaissais pas l'existence de ce coffre ?
Bill a peur, je l'effraies, mais il reste là pour moi.

Je suis parvenue à ouvrir le coffre. Ma respiration est plus que saccadée. Je me suis tellement énervée, j'ai les larmes aux yeux, mal à la tête...
J'ose enfin regarder à l'intérieur. On n'est pas dans un film, pas d'argent, pas de bijoux, mais des papiers, des multitudes de papier et des montagnes de photos déchirées. Je sors le tout. Bill vient s'asseoir à coté de moi. Pour me sauver, il doit tout découvrir avec moi.

Oh mon dieu, tous ces secrets enfouis. Pourquoi me l'avoir toujours caché ? Elle dit que c'est pour me protéger ? Comment ose-t-elle ?

Je retrouve des photos de ma tante, je l'adorais, elle était comme une mère pour moi, plus que ma vraie mère.
J'explique la situation à Bill, comme je l'aimais, comme ma mère n'a jamais voulu que j'aille à son enterrement ; maintenant je comprends (en balançant tout contre le mur dans un acte de fureur et en criant) c'est parce que il y'en a jamais eu !!!!!!!
En effet, j'avais découvert que Ma tante n'est pas morte ; suite à son divorce avec mon salaud d'oncle qui la battait, elle a déménagé, loin, très loin, en nouvelle zélande. Voila pourquoi ce pays m'attire tant. Ma mère m'a toujours dit qu'elle était morte car elle sait, elle sait que j'aurais tout fait pour aller la rejoindre.
Je lis toutes les lettres qu'elle avait envoyées avec attention, avec amour. Elle décrit où elle habite exactement, comment est sa nouvelle vie, comment elle a gagné le procès contre son enflure de mari. A chaque lettre, elle dit à ma mère de m'embrasser bien fort de sa part...
Je fonds en pleurs. J'extériorise tout par mes larmes. Bill me prend dans ses bras, me berce comme son bébé. Sans me parler, il veut que je sente qu'il est là, que je peux compter sur lui quoi qu'il advienne. Je me jette littéralement dans ses bras, la tête posée dans le creux de son cou.

« Oh bill, j'en suis devenue folle
- (calmement) non ma puce, tu n'es pas folle, tu souffres, c'est dur, je le vois, mais je ne te laisserai pas souffrir, plus jamais »
Il ressert son étreinte. On est collées l'un à l'autre. Son tee shirt est trempé par mes pleurs.

Il y a une autre pile de papiers que je n'ai pas lu. Non je ne suis pas mazo mais on guérit le mal par le mal. Il faut tout que je sache pour me libérer. Que j'affronte.
Je regarde bill, je n'ai pas besoin de lui demander ; il reste près de moi.

-extraits d'acte de naissance..... 05/12/90
-faire-part de naissance de 2 petites filles
- extrait d'acte de mort 6 mois plus tard, le 05/06/91
Tout au nom de .... (Dans un souffle) Katarina O'Lympe.

Sur ce nom, une chose plus qu'étrange m'est... venue pour ainsi dire. Un flash, un blanc, des contours, je ne distingue pas très bien, c'est comme une vision floue. Un rappel refoulé de mon subconscient.
Je tremble durant tout ce que je vois.

2 bébés à l'arrière d'une voiture ; on avance doucement. Dérapage- fossé- coup violent- sang.

J'hurle d'un long cri effroyable. Je me suis dirigée sans le savoir et je vais tomber dans le vide par la fenêtre ouverte, attendant un suicide collectif passé. Des bruits de pas qui courent, 2 mains tremblantes qui s'agrippent à mon torse pour ramener. retour à la réalité!!! Bill me fait asseoir par terre, me prend la tête dans ses mains, me regarde profondément dans les yeux :
« Qu'est ce que tu as vu ? » Il a peur, et c'est normal.
Je ne réponds pas. Il ne comprend pas pourquoi.
Moi je comprends, je comprends désormais ce trou noir dans ma vie, ce vide, ce manque. Je me déteste. Pourquoi ce n'est pas moi qui suis morte à la place de... de... de ma (ce nom imprononçable) de ma jumelle. Je retrouve cet état de néant.

Je suis dans les bras de Bill, on reste comme ça adossés contre le mur un moment, puis il me regarde, je comprends que je dois lui dire, il ne le montre pas mais il est inquiet.
En 2-3 mots, je lui explique. Il peut me comprendre. Il sait ce que je ressens. Il s'imagine sans Tom, cette vue lui est insupportable.

A ce moment, c'est plus que de la simple compassion qu'il a pour moi. On se comprend tellement. Nous ne formons plus qu'un par ma douleur.

J'ai vécu ; avec ce secret meurtri au plus profond de mon c½ur !!!!!!!

Bill me porte jusqu'à mon lit. Il déplace le sien à coté du mien et s'allonge lui aussi.
Je me sens seule. Trop seule. Je me rapproche de bill, prends sa main, et la sers fort contre moi. Il se tourne face à moi et pose sa main libre sur mon dos en m'enlaçant avec son bras. Je pleure, ou plutôt, ce n'est pas moi qui décide de pleurer, mais je ne sais plus qui le veut, je ne sais plus qui je suis, ce que je fais, pourquoi je vis.
« Je n'ai plus rien
- ne dis pas ça
tu dois repartir, te reprendre
- a partir de quoi ?
- forge toi quelque chose, prends quelque chose pour te pousser
- je ne peux pas repartir, je n'ai plus rien, je n'ai pas de base
- je serais ta base... tu pourras poser tes mains sur moi (silence) je te le promets


(Pour les pervers, je précise, dans ce passage, y'a aucune connotations, aucune, rien de sexuel dans ce passage)

Bill, le seul qui soit encore apte à me donner envie de continuer à vivre...

Après un long moment :


" Bill, du bist mein engel
Du bringst mich wieder zum leben“


(bill, tu es mon ange
tu me fais revivre
)



Il me dit doucement un chut, puis il fredonne comme pour me bercer rette mich (sauve moi), spring nicht (saute pas), enfin je m'endors sur vergessene kinder (enfant de l'oubli, logiquement c'est enfant oublié mais je préfère enfant de l'oubli)

Il fait tout ça pour moi, rien que pour moi. Une petite larme coule, mais elle n'est pas de tristesse.

Bill : « cette larme, c'est ton diamant, préserve la »


Du bist mein engel...



à suivre...
j'attends 40 com minimum
chapitre 12: choc

# Posté le mercredi 02 mai 2007 11:45

Modifié le dimanche 06 mai 2007 06:03

chapitre 13: schwarz


On s'était habitué l'un à l'autre, peut-être trop ; mon rituel du soir de m'endormir contre sa poitrine, entre ses bras maigres mais si rassurants...


Vous dire qu'à partir de ce moment tout s'est bien passé aurait été fabuleux mais alors il n'y aurait pas eu d'histoire. La vie n'est pas un conte de fée, encore moins un jeu, encore moins un jeu pour ce genre de conneries.


Et je suis encore prise au piège. Oui, les gouttes de sang retombent en masse. Je ne saurais pas dire ce que je fais exactement. Je me fais saigner, pour me libérer, en fait je devrais me vider, quitte à en crever.
Quand le canif tombe, c'est mes ongles qui prennent le dessus, je frotte, gratte, jusqu'à ce que la peau soit rouge, jusqu'à ce que le sang s'écoule.
Je me rends compte que ça sert à rien, mais je le fais quand même. C'est un cercle vicieux cette putain de merde. c'est comme une tentation, une horrible tentation, un vice dont je ne me défais pas. Je m'en sortirais jamais ; mais à quoi bon m'en sortir ?
Je pose le canif devant moi, le regarde et l'éjecte violemment d'un revers de main, me coupant un peu plus. Je ne m'arrête jamais, à la recherche d'un compas, petit point sur petit point. Attentivement, point rouge, point rouge, re point rouge sur point rouge.

larmes...

Il était parti. J'sais pas trop quoi faire, signer un contrat ou une merde comme ça. Rien à foutre de lui. Tu parles d'une base, tu parles d'un étrier.

« Enfoiré de saloperie de putain de conard de merde »


Non, j'en avais pas rien à foutre, sinon j'hurlerais pas comme ça.



Des jours que je ne vivais plus.
Je me lavais plus, je dormais plus, je mangeais plus, je ne répondais pas au téléphone (d'ailleurs, je crois bien l'avoir balancé violemment contre le mur un jour... ou un soir)
Enfermée dans la pièce ou son odeur était restée.
Vêtue d'un tee shirt à lui, soutif boxer, d'une bague à lui et mon médaillon.
Bordel – sale – noir. Un pur laisser aller. C'était juste 100% sang pour sang.
Tel un zombie, un zombie revenu hanté celui qui m'avait tout promis. Je me laissais vive sans prendre soin de ma vie.
Dépression, ou phase neuro-psycho-dépréssive selon des conards d'hommes en blanc, croyant détenir le monde avec leurs putains d'études à la con.



« Ne t'en fais pas, ça ira, je pars juste quelques jours. (Enlevant son tee shirt) tiens, je te laisse ça et garde avec toi la bague que je t'ai donné. Je reviens très vite mon c½ur.
- quand Bill ?
- dans 5 jours maximum »
Bisou sur le front, sur la joue, serrage de bras, fermage de porte...


(Pour ceux qu'auraient pas compris, c'était un flash back)

Pas une goutte d'alcool, pas une dose de drogue, rien ni personne. Je m'étais en fermée seule dans mon néant.

Je sens les battements de mon c½ur dans ma tête.


La porte s'ouvre, laissant apparaître celui que je n'attendais plus.
Il était pris à me courir dans les bras et se stoppe net devant moi, regarde tout le monstre malsain flottant autour de lui, autour de nous ; et me dévisage avec ce regard qui lui est propre : inquiet, interrogateur, et furieux aussi. Qu'est ce qu'il veut ? Que je le plaigne ? Sûrement pas !
Tout ça, c'est de sa faute, à lui. Et à personne d'autre.
Il me regarde jusqu'à ce que je lève les yeux. Il peut crever. Je persiste à esquiver ses yeux, scrutant, fixant droit dans le vide gris.
Ses yeux, a lui, dans lesquels j'aurais tant voulu me noyer avant... avant... Me noyer...

Je cogite tout ça. Il se met enfin à ma hauteur, assise ou plutôt avachie par terre, me prend dans ses bras, moi je bouge toujours pas, ma tête est dans le creux de son cou. Je le respire comme si c'était la première ou la dernière fois, une renaissance dans la mort. Il me murmure un « j'suis qu'un con », comme pour s'excuser. Mon dieu, j'ai réussi à faire culpabiliser mon ange noir. Etait-ce vraiment ce que je voulais ? Je sais pas. Mais ça rachète rien. Et je n'arrivais pas à admettre quoi que ce soit.

Je me lève d'un bond après ses paroles, lui aussi, me rattrape la main et me guide dans la salle de bain. Me passe d l'eau sur le visage et sur le bras. Je suis sale de partout. Sans un mot, il me fait comprendre que je dois prendre une douche. Il referme la porte me laissant seule dans la salle de bain.

Je pleure, première réaction, c'est la première fois que j'agis en ces putains de 5 jours.
Je me déshabille, allume l'eau. Brûlante. Je bois cette fièvre. Plus brûlante que mon sang. Les gouttes d'eau dégoulinent sur mon dos, aussi chaudement que des gouttes de sang. Plus de différence. Est-ce vraiment et uniquement de l'eau ?

Parlant toute seule à voix basse :
« Je te pardonne. Au fond, je suis tout simplement incapable de t'en vouloir. C'est une évidence, tout est une évidence. »

Long silence avec cette présence d'eau brûlante.



"Ertränken uns zusammen mein Engel"
(Noyons nous ensemble mon ange)




Et à haute voix pour qu'il m'entende :
« T'as raison. T'es vraiment qu'un con »

À ce moment là, il avait compris ce qui trottait depuis un moment dans ma tête.
Il court dans la salle de bain, coupe l'eau qui me prenait, enlaçait tendrement le visage en attendant la fin ; me prend dans ses bras.

Il pleure sur mon épaule :
« Pourquoi t'as voulu faire ça ? »
Question rhétorique. Sanglots. Je sens ses larmes tièdes sur mon corps déjà mouillé.
Je ne réponds évidemment pas. Je suis comme dans un état second d'ailleurs.
Il me porte jusqu'à mon lit, m'habille d'un de ses tee shirts et s'asseoit à coté de moi. Sans un mot. Avant de fermer les yeux, je remarque : il a ouvert les volets, fait le ménage, rangé le bordel, changé les draps. Plus de puanteur pourrie ici, ça sent le frais.
Je m'endors en prononçant ce mot : « mon ange »...

Petite négation de la tête de la part de mon porteur d'ailes qui signifie un doux "tais toi."
Et pourtant...

à suivre
45 com? vous en etes capable? allez faites chauufer vos doigts...
chapitre 13: schwarz

# Posté le dimanche 06 mai 2007 15:19

Modifié le vendredi 11 mai 2007 08:21

chapitre 14: révélations

J'avais changé. Il le voit bien. Je ne saurais pas dire si lui aussi. Non, il n'y avait que moi.

« Tu n'es plus la même qu'avant » me disait-il.
Comme si je ne le voyais pas. Tout était bon pour le contredire, pour l'agresser, pour lui faire du mal.
Non pas que je me réjouissais de le voir malheureux, de le voir souffrir, ça me tuait un peu plus chaque jour.
Je m'étais dit que je lui pardonnais. Mais dire et faire, là est la différence. Il m'avait laissé... et je m'y étais droguée, la chute a été dure, beaucoup trop dure, personne ne devrait subir ça...
Suis-je incapable d'aimer? au point d'être sadique? ou alors je me deteste tant que je suis incapable de donner de moi?
Lui, restait impassible à ma méchanceté.
Moi, je me demandais encore pourquoi il restait la, comment il pouvait être naturellement si bon.
Mais, je laissais rien passer de mes pensées, c'est vrai, avant ces maudis jours, je lui aurais tout dit.

Dispute sur froid, froid sur fuite, fuite sur froid, froid sur néant.
Il craquait doucement, je le voyais bien.

Un jour, il s'est décidé à ouvrir un dialogue, un vrai (pas comme ceux de ces 2 derniers jours : qu'est ce qu'on mange ce soir ? » )

Tous les deux, dans la chambre, sans parler. Puis, il entame :
« Tu sais, je voulais ramener Tom avec moi, pour lui montrer pourquoi je tenais absolument à t'aider.
Quand je suis rentré en Allemagne je lui ai fait tant d'éloges sur toi. Je m'avoue être plus que déçu...
- (en jouant avec mon médaillon, genre j'en ai rien à foutre de ce que tu dis) tu peux te tirer si tu veux.
- (en colère) laisse moi finir. (plus calmement), quand on t'a rencontré, tu avais cette profonde souffrance en toi, mais en même temps, on voyait que tu voulais te sortir de la merde dans laquelle tu t'étais foutue. Cet éclat dans le regard. Aujourd'hui, je ne le vois plus.
- Et ben, casse toi, j'ai besoin de l'aide de personne, et encore moins de la tienne. je m'en suis toujours sortie seule.
- (commence à partir puis se retourne), (en haussant le ton) si justement, et tu refuses de l'admettre. Au fond, t'aimerais bien qu'on t'aide, qu'on t'aime, qu'on te protège. Mais la vérité, c'est que tu fais tout pour qu'on te déteste !!!!!!!! »

Et vlan, mes vérités balancées à la gueule.
Empêcher les larmes de couler, montrer qu'il ne m'atteint pas : oui c'est bien ce qu'il disait.

Je me réfugies dans le salon, parle tout haut avec une voix allant aux pleurs, ignorant qu'il m'avait suivie et qu'il entendait.

« La vérité, Bill, c'est que je me suis attachée à toi, beaucoup trop, je t'ai confiance, je t'ai donné toute ma confiance, comme je l'ai fait avec personne. Et quand t'es parti, je me suis sentie trahie, abandonnée, j'ai cru que t'allais me laisser crever en me renfonçant encore un peu plus dans la merde.
La vérité, Bill, c'est que y'a cette fierté et cette rancune en moi. Je peux pas t'en vouloir, j'suis une conasse, salope égoïste, tu t'es occupée de moi, et moi je te pourrissais. Si tu savais comme je m'en veux. Mais ça, je peux pas te le dire, conasse de fierté! La vérité c'est que tu peux lire en moi comme dans un livre ouvert. La vérité, Bill, c'est que y'a ce putain de passé qui me suit, qui me pourrit. Jusque là, j'ai tout caché, mais un jour on explose à force de nier l'évidence...
Tu peux partir si tu le désires, je comprendrais... »

Il surgit de derrière moi, vient face à moi me serre fort contre lui
« Non, je te laisse pas, je suis là pour toi, je te l'ai promis, et encore plus maintenant. J'ai tout entendu. »
Adepte des murmures, il continue en me glissant dans l'oreille :
« Peu importe ce que tu as pu faire, dire ou être, l'important est ce que tu es maintenant
- mais non Bill, t'as rien compris, (me levant et allant dans la rue, noire comme la nuit). Justement. Ça m'empêche de vivre. »
Il me suivait. Et moi j'hurlais, j'hurlais tout ce qui me venait par la tête », tout le mal qui était en moi. Je gueulais pour qu'il sorte ce mal.

« Tu sais pas tout Bill, y' a pas que ma famille comme problème. Y'a ce putain de passé, tout ce putain de passé et cette putain de vie. Putain. Et pourquoi ce conard de Bill me suit encore ? Et pourquoi ce conard de Bill s'intéresse, pourquoi c'est ce conard de Bill à qui je dois tout dire ? Pourquoi ce putain de destin m'a fait connaître ce conard de Bill ? Tout est relié. Quand mon père est parti, j'étais désemparée, à cause de la connerie des hommes qui font la guerre. J'avais 14ans Bill, 14ans !!!! Merde. Et l'enfer a été ouvert. Cette putain de cocaïne que je sniffais tous les soirs, ces putains de mecs qui me baisaient aux 4 coins de la ville. J'étais bourrée, shootée, mutilée, violée, tu sais ce que c'est de coucher avec quelqu'un pou oublier?de boire pour oublier? de me camer pour oublier? non tu sais pas! tout était bon pour me voiler la face, pour fuir la réalité, pour croire que j'étais heureuse. Mais j'en étais d'autant plus mal. »

Je continuais mon récit. Mon monologue libéral. Bill, mon ange, le premier qui allait tout savoir de puis le début. Il avait voulu m'aider...
Je posais enfin des mots sur mon lourd passé. Je crachais ces mots, je les vomissais. Tant pas mon dégoût envers moi-même, que par la douleur trop ouverte.
Je dégueulais toutes les insultes que je pouvais comme pour me débarrasser du mal.

« J'étais pas assez forte pour tout affronter. Mais je me rendais compte que je me voilais la face, et ça faisait encore plus mal. J'ai arrêté mes conneries mais il fallait que je trouve autre chose pour subsister. Je me détestais tellement. Et j'suis tombée un jour sur ce scalpel. Et ça aussi, c'est une belle merde mais c'est mon seul échappatoire de cette saleté de vie et j'arrive pas à m'en défaire ».

Larmes, je ne sais pas trop larmes de quoi d'ailleurs.
Je tombais comme une loque, à même le trottoir d'épuisement après avoir piétiné mon passé.

Bill courut derrière moi, me prend dans ses bras et surssura un « oh, mon dieu »
On restait la sur le trottoir, enlacés, mêlant nos larmes. Les rares passants en cette nuit nous prenaient pour des fous. Je pleurais tout ce que j'avais dans le corps, des fois qu'il reste encore quelque chose.

Toutes ces pressions, évacuées...

on reste un long moment comme ça, moi le dos posé sur le mur dégueulasse et froid de la rue...

« T'as bien fait de tout me dire, viens on rentre à la maison »

Il fallait que tout sorte. Ça aurait été un moment ou à un autre. Mais j'en pouvais plus.

Je saurais pas dire vraiment ce que je voulais là, à part être ailleurs que dans ses bras, ses bras à lui. Et j'y étais. Plus de notions. Pas de questions que je me posais inutilement. Je ne voulais plus quitter ses bras. Et je ne les quitte plus...

Je crois qu'après, on s'est endormi comme avant : ma tête posée au creux de son cou, et son bras autour de moi. Ça faisait si longtemps. Je respire à nouveau son odeur, je veux le respirer à en mourir. je me drogue à mon ange.



alors ce chapitre?
j'attends 50 com...
chapitre 14: révélations

# Posté le mardi 08 mai 2007 16:12

Modifié le mardi 08 mai 2007 17:33

chapitre 15: confiance espoir doute peur

Je ne le remercierais jamais assez pour ce jour là.
Toutes les insultes que je lui avais lancé sans plus ou moins le penser, mais que j'avais quand même dit.

Je peux pas dire que la vie avait repris son cours comme avant la dispute, mais on faisait abstraction, sans oublier. D'ailleurs on ne peut pas vraiment parler de dispute. Apres ce qu'il avait découvert, Bill s'occupait encore plus de moi. Mon passé avait été horrible. Beaucoup trop pour une enfant de 17ans.


*****


Je me réveillais le lendemain, (ou peut-être n'avais-je pas dormi ?) de la même manière que mon transport dans le sommeil.
Ce matin là, ni de douche, ni de nutella. On parlait.
On s'était assis en tailleur l'un en face de l'autre, ou l'un à coté de l'autre. Je crois bien que c'était en face. Oui en face. Je me souviens de son regard ce matin là. Je ne saurais pas trop quoi dire pour le décrire. Ce regard là, je ne l'avais encore jamais vu. C'était paradoxal. Je me souviens de cet air que je lui connaissais, doux, interrogateur, et en même temps cette barrière, pas agressive, ni froide, mais qui faisait de ses 2 yeux bruns, un éclat impénétrable. Non, cette fois là, je n'aurais pas pu lire en lui juste au travers de ses yeux.
Il devait me parler ; cette surveillance visuelle commençait à me rendre dingue.

« Il n'y a plus rien à savoir n'est ce pas ? »

Sa question sonnait comme une affirmation, ou plutôt comme une crainte. une crainte agressive. Il m'avait répété qu'il devait tout savoir pour mieux m'aider. Mais cette phrase n'avait rien à foutre ici et maintenant !!!!

« Non, bill, plus rien.
- Moi je crois que si ! »

Je lève les yeux, craintifs. Pourquoi dit-il ça ?
Je me pousse le plus loin possible de lui.
Pourquoi ? Pourquoi ? Pour la première fois, j'avais peur de lui. Pour la première fois, son regard était pesant.
Non, Bill tu ne peux pas me faire de mal, hein ?
Je transpirais, collée au mur, le plus loin possible de lui. Va t'en. Je te déteste.
J'ai peur de sentir ses mains posées sur moi, peur de sentir ses cheveux si doux devenir d'étranges agresseurs, ses yeux, plus les même qu'avant. Je veux pas, non, il le voit, pourquoi il insiste ? T'as pas le droit de me faire ça. Vire tes sales mains, je veux pas de toi, pas de toi posé sur moi. Dégage. Je pleure, pleure. Casse toi, t'es qu'un enfoiré ! Pourquoi tu me fais subir ça ? T'as pas le droit de me faire de mal, t'as pas le droit de me toucher, non Bill, t'es mon ange... salopard, pleure, pleure, pleure des larmes immondes de honte qui s'emparent de moi. Mais pourquoi toi ? Paralysée par ma peur ...
Seul un gueulant de sueur s'échappa de ma bouche.
Froide. Glacée... Eau froide qui me sortit de ma criante torpeur. Bill n'avait pas bougé de son tailleur, adossé au mur. Fièvre. Paranoïa hallucinatoire.
C'est lui qui m'avait envoyé un verre d'eau froide.
Le dernier qui m'avait posé ce genre de questions, (et dire que je lui faisais confiance) m'avait paralysé mentalement suite à son ... son (pourquoi ai-je honte ? non ce n'est pas de ma faute, pourquoi je n'arrive pas à me convaincre ?!) son... viol. Traumatisme d'une gamine d'à peine 14ans.

« Tu n'es pas obligé de me dire si ça te fait trop mal. Me dit alors Bill
- si... (je tremble... fièvre ? ou rappel direct ressurgissant de mon traumatisme passé ?)
- alors, tu as souffert encore plus ? cela est-il possible ? »

Il vient et me berce tout doucement contre lui.

« Oh mon c½ur, pardon, pardon ».

Pourquoi demandait-il pardon ? Rien n'était de sa faute.
Pour une fois, c'est moi qui lui pris le visage entre les mains :
« Bill, il n'y a rien à pardonner »

Des larmes, de sa part.
Je crois qu'on se berce mutuellement.

« Je t'ai obligé à tout sortir de toi, croyant que ça t'aidera, mais ça a fait resurgir tout le mal. Mon dieu, comme tu as souffert, je m'en veux de t'avoir amené tout ça
- non, au contraire, c'est qu'il le fallait, et toi tu as été là pour me porter. Les choses n'arrivent jamais par hasard Bill, et notre rencontre non plus. »

Finalement, lui ça l'aider aussi de m'aider. (phrase pourrie mais je savais pas comment la dire^^) En m'aidant, il parvenait à me comprendre, je devrais dire à me ressentir ; oui, il sentait en lui chacun de mes sentiments. Au fond, je crois qu'il pleurait pour moi ce jour là, tant j'étais incapable de pleurer moi-même.




Toute la journée il aura vadrouillé dans la maison pour me préparer thé, tisane, compresse, bouillotte... pour me faire rire aussi, le rire est la meilleure thérapie. Résultat : 19H30, plus aucune trace de fièvre.
Besoin d'autre chose ? Non je le voulais juste lui.

On est assis sur mon lit, tous les 2 a coté, sans parler, juste à apprécier l'harmonie de 2 corps dans un silence parfait. Puis je me lève soudain, allant sur le balcon. Je m'allonge sur le sol froid du balcon.
Bill après m'avoir vu, prend une couverture et revient.

« T'es malade, tu vas encore avoir la crève, et je vais encore devoir te faire une tisane de grand mère ! dit-il avec un sourire
- non puisque t'as pris ça », dis-je en lui prenant la couverture

Il s'installe avec moi dessous. L'air est bon, quoi que un peu frais. Mais Bill est là et me donne sa chaleur intérieure.

« T'as eu raison de venir là, ketty. Les étoiles sont étincelantes ce soir.
- tu vois la plus grande juste au dessus de nous ? Quand j'étais petite je croyais que c'était l'½il de dieu et je m'étais promis d'y déménager pour y vivre ! et je m'étais dit que j'emmènerai avec moi la personne sans qui je ne pourrais pas vivre, sans qui aller dans le plus bel endroit du monde n'aurait pas de valeur. »

Maintenant je sais, ce serait avec toi mon ange, parce que tu m'as tout apporté.

« C'est beau.
(Je ris)
Pourquoi tu ris ? demande-t-il en tournant la tête pour me voir.
- parce que je voulais le dire à personne. C'est ...culcul »
*mais à toi, je le dis naturellement, en toute simplicité parce que tu ne me jugeras pas.*
Sourire sur nos deux visages, il se retourne à nouveau pour contempler encore les étoiles et dit :
« Non, moi je trouve ça beau. (Petit silence de 15secondes), c'est parce que je suis parolier-poete. »
Rires

Voila, cette nuit là, il ne s'était rien passé d'exceptionnel. A vos yeux...
Pas de crises, pas de gueulantes, peu de paroles, mais des paroles simples, franches, belles, vraies. Des harmonieux silences entre nous à admirer l'½il de Dieu.
On s'était tant apportés cette nuit là... lui à moi, moi à lui.
On aurait ou changer de corps et d'esprit, les pensées seraient restées les mêmes, tant on était proches et similaires cette nuit là. Mon ange m'a donné ses ailes, moi je lui ai donnée ma vie, pas mon horrible vie, non, ma renaissance, mon souffle... entrelacement de respiration, il devient moi, je deviens lui...




Pourquoi il a fallu que ça foire ? Hein, pourquoi ? C'était si beau ! Peut-être trop pour être vrai en fait !
Je croyais qu'on s'était enfin compris !!! Pour moi cette relation était la plus belle. Elle avait si bien commencée !!! Pourquoi des conneries humaines comme les noirs sentiments et les vices viennent s'injecter là dedans ? On est trop con, la nuit dernière avait été merveilleuse et là...
quel gachis!



excusez le montage bidon, je l'ai fait en 2 minutes...



à suivre...
55 com et vous saurez ce qu'il va se passer...
muahhaha quel sadisme évolué et prolongé^^
chapitre 15: confiance espoir doute peur

# Posté le samedi 12 mai 2007 12:38

Modifié le samedi 12 mai 2007 12:49

chapitre 16: connerie de sentiments humains

Il y a des jours sans et des jours avec. Il faut croire qu'aujourd'hui serait un jour sans.




Justement parce que je l'adorais, je ne pouvais rien lui céder. Je m'en voulais à moi-même d'être aussi méprisable envers lui. Et pourtant c'était plus fort que moi, je l'étais quand même. Je ne dominais pas mon comportement. C'était d'avoir ramené mon passé qui m'avait fait changer ? Peut-être je croyais qu'améliorer ma vie, c'était aussi me changer ? Je ne sais pas. Il en profitait pour me rendre exécrable, se foutant de ma gueule un peu plus à chaque fois.
Un petit rien qui m'avait fait exploser :

« Mais réfléchis, t'es capable de t'en sortir seule, sans nounou un seul jour !
- non je ne veux pas que tu partes, même pour un seul jour
- arrête avec tes « je veux » de gamine pourrie gâtée, (bien sur qu'il ne pense pas ses mots mais la colère rend les autres sentiments aveugles) et je fais pas ce que je veux, j'ai pas le choix, je dois aller à cette promo.
- Alors, c'est ce que je suis à tes yeux ? une enfant pourrie gâtée ? moi qui croyais que tu me comprenais ! j'avais faux sur toute la ligne. Tu t'es joué de moi !
- Bien sur, j'ai toute ma vie en Allemagne. Tu crois vraiment que je serais resté ici pour faire mumuse avec une salope ? j'en ai marre de toi, t'es totalement instable. Un jour oui un jour non. Un jour tu viens me pleurer dans les bras un jour tu m'envoies chier. Tu ne sais pas ce que tu veux.
- Une salope !? comment tu peux dire sa ? (ce que je lui avais avoué faisait-il de moi une salope ?) casse toi ! (des larmes que je retenais me brûlaient les yeux) j'te déteste.
- ... j'peux pas dire que j'te déteste ce serait mentir... mais effectivement, je me casse !
- (d'une voix presque inaudible) non Bill, j'peux plus me passer de toi.

Il avait entendu puisqu'il s'était arrêté dans sa marche sur mes mots et l'avait repris en claquant la porte derrière lui.

A ce moment, ni l'un ni l'autre ne savait ce qu'il adviendrait par la suite. A cause de cette connerie de fierté.
Est-ce qu'il allait revenir comme prévu ?





désolée, ce chap est court...
mais j'attends vos com, 45 en fait ^^



vous trouvez comment ce montage?

( hey, julie tu as vu? c'est mon ami alfred l'arbre avec moi sur la tof!!!!!! xD)
chapitre 16: connerie de sentiments humains

# Posté le dimanche 13 mai 2007 16:13

Modifié le mardi 15 mai 2007 17:30