épilogue premiere partie



Je n'avais pas revu Bill depuis 3 jours. Il avait été à l'hôtel je crois. Il me laissait « faire le ne point avec tout ça ». J'étais seule dans l'appart' mais à vrai dire, bien. Pas ce qu'on appelle heureux, je ne peux pas dire ce qu'est le bonheur. Mais je savais que je n'étais pas malheureuse.
Je ne pensais plus aux actions utiles et évidentes de la vie quotidienne : me nourrir, me laver.
J'étais passée à un stade au-delà, supérieur à tout ça, une pureté d'esprit qui n'a plus besoin de corps. Certes, physiquement j'étais là, mais j'étais dans un autre monde chassé de toute imperfection.
Seul un être au monde pouvait me sortir de là, ce même être qui m'a déjà aidé, ce même être que je chérie tant, ce même être, mon ange. Mais il ne viendra pas pour m'extirper de ce monde parce qu'il sait que je m'y sens bien.
Mon ange me manque....

Et s'il était retourné en Allemagne ? Non ! Sans me dire au revoir ? Je refuse d'y croire mais j'ai un mauvais pressentiment.

Je reçois un appel de mon ange sur mon portable :

« (D'une vois pressée) allo ?
- Ketty !! tu vas bien ?
- Oui, surtout depuis que tu m'as appelé et toi ?
- Oui... je ... euh... Ketty... il faut qu'on se voit... »


Bip bip bip...

Que se passe t-il ? Bill, que vas-tu m'annoncer ?

Je vais prendre une douche puis je fais les 100 pas ds le salon qui me parait alors tout petit.

La sonnette résonne enfin.

J'ouvre directement et Bill se précipite dans mes bras. On entre au bout d'un moment.

« J'avais pas osé t'appeler ces derniers jours...
- allez Bill, on est pas des gamins, va au but, dis moi ce qu'il y a
- (me ramène contre son torse) je vais devoir y aller. Faut que je retourne en Allemagne pour préparer la tournée.
- Quand ?
- Je ne sais pas exactement
- Je ne veux pas que tu partes
- Moi non plus (court silence) viens avec moi
- Quoi ?
- Viens avec nous pendant la tournée !
- Bill... j'aimerais tellement ... c'est impossible
- Je sais... mais c'est aussi impossible de se séparer
- Bill ?
- Mon c½ur ?
- Sers moi ! »


Une autre étreinte. Parmis tant d'autres ? Non, la plus belle, la plus proche, la plus forte, la plus sensible, mais aussi la plus fragile. Je m'agrippe à lui comme s'il allait s'envoler, il fait pareil pour moi.
On n'ose même pas se parler, de peur que le rêve se termine pour toujours.


« (Susurrant) qu'est ce que je vais devenir sans toi ?
- je suis avec toi ! »


Bill me sert tellement fort que je sens mes pieds perdrent contact avec le sol, mais pour rien au monde je n'aurais remis les pieds sur terre.

On arrive vers la chambre, marchant à coté dans un silence resplendissant.
Tout en même temps, même mouvement, exacte reproduction du complément.
Mon ½il et le sien perlent, le bord de deux yeux s'humidifie, deux gouttes reposent sur les cils avant de se laisser couler le long de la pommette, de la joue, de la mâchoire.
Ma joue droite pour sa joue gauche. Miroir parfait.

Je me jette sur lui, en même temps que lui sur moi. Fusion de larmes. Fusion de deux corps. Fusion de deux esprits. Fusion de deux âmes.

J'enlève mon médaillon et le lui donne. J'ai compris sa valeur. Je veux la faire comprendre aux autres. Je passe mes mains sous ses cheveux et attache la boucle en or sur sa nuque.
Le c½ur en or pointe sur son sternum. Je m'écarte de bill et vais à la fenêtre.


« Et si c'était la dernière ?
- dernière quoi ?
- dernière soirée passée ensemble !
- j'en profiterais
- comment ?
- je voudrais te voir sourire et pas pleurer, te voir rire, te prendre dans les bras ...
- on décrocherait les étoiles ensemble ?
- j'attraperai le soleil et te l'offrirai
- je prendrais le ciel pour en faire notre toit... »


je saute sur le bureau, Bill fait pareil, on est tous les deux debout sur le bureau, main dans la main à crier notre joie enthousiaste à la face du monde. Notre nous deux.

« On volerait à n'en plus finir
- regarde... tes ailes !!!!
- le ciel nous enveloppe
- (plante son doigt et son regard vers le bas) regarde les gens, ils sont tout petits
- Bill je vole !!! (mdr... titanic)
- Accroche toi. Je t'emmène dans mes rêves... »


Pensées heureuses. On rit, on sourit. On avait sûrement l'air de deux barges là à gueuler comme des cons, à se marrer sur ce bureau.
Notre imaginaire avait pris le dessus. Nos yeux étaient tout scintillants. On volait. On refaisait le monde en le survolant. Le ciel nous appartenait.


« Bill... (Bill se retourne) tiens
- une étoile !! Elle est magnifique. Attends »

Un coup d'ailes. Le voilà parti rapidement plus haut. Il redescend doucement à ma hauteur.

« Voilà pour toi
- oh bill, une étoile filante !! »


La poudre d'or nous enveloppe et continue à nous faire voler. On a le sourire jusqu'aux oreilles. Illuminés d'amour. Que ce monde soit empli d'amour jusqu'aux entrailles !!!

On saute de nuage en nuage, détenant le pouvoir du ciel. Un bonheur lumière. Un monde inépuisable juste pour nous deux.


Nous continuons des heures notre trajet céleste.

- - -



Analyse rapide des faits :

Bill est coincé ds les poutres, et moi, pendue au lustre.
On se regarde et on explose de rire.

Je saute à pied joint par terre et vais chercher un escabeau pour Bill.

« mais comment t'as fait ton compte pour te retrouver la dedans ?
- ben ... j'en sais rien. Je pourrais aussi te demander comment t'as atterri dans le lustre
- mdr »



Une fois tous les deux, les pieds sur le sol, un silence s'installe.


« Ketty...
- chut »



On se rapproche doucement. Je peux dorénavant sentir mon propre souffle tant je suis proche de lui.
Il joint ses lèvres aux miennes. Rien d'échangé. Juste deux lèvres scellées à tout jamais.
On scelle notre union dans nos lèvres comme certains l'auraient fait dans la pierre.
Nous respirons par le nez pour ne pas avoir à nous détacher. Nous ne voulons pas nous séparer. Bill me pousse jusqu'au lit, nos lèvres toujours unies, et s'allonge sur moi, je passe mes bras dans son dos afin d'être encore plus proches. Tout dans une extrême lenteur. On détache nos lèvres car vraiment à la limite de l'étouffement.
On reste comme ça longtemps, serrés l'un à l'autre.
Non, on ne couchera pas ensemble. Car notre fusion relationnelle (oui j'ai fait exprès de ne pas mettre relation fusionnelle) dépasse largement ça. C'est tellement au-delà. Ça dépasse la fraternité, ça dépasse l'amour, ça dépasse l'amitié.
On a pas besoin d'acte physique, ça ne sert à rien, on sait trop bien ce que ressent l'autre.
Pas besoin de « preuve d'amour ». Quel est le con qui a parlé de preuve d'amour d'ailleurs ?
Quelle connerie !! L'acte sexuel, ce n'est pas de l'amour, c'est une envie. Les gens baisent parce qu'ils ont envie !

Bill me baise le front en me disant :

« Bonne nuit mon c½ur (bizarrement sa voix est étranglée)
- gutte nacht mein engel »


Nous nous endormons comme ça.




A mon réveil, le tee shirt de Bill est à coté de moi, et moi, ben je suis en soutif. o-O
Je me lève et vois sur mon bureau une feuille avec l'écriture de Bill.



« liebe Ketty, (chère Ketty)

Je devais partir ce matin. Je n'ai pas eu le courage de te le dire hier. Je suis désolé. Je préférais m'imaginer heureux dans le meilleur des mondes avec toi jusqu'à la fin de nos jours.
Je t'en prie, ne pleure pas.
Je t'ai pris ton tee-shirt mais je ne t'ai pas mis le mien de peur de te réveiller.
Je voulais à tout prix emmener ton odeur avec moi.
Je n'ai pas pu m'empêcher de te regarder de longues minutes. Ainsi j'avais aussi ton visage en moi.
Je ne t'oublierai jamais.

Je t'aime

Ton Bill »


Quel bel adieu !
Je pleure quand même. Lentement, de petites larmes...
Mais je ne vais pas me morfondre Bill ne le veut pas.
Je préfère me rappeler de tous nos beaux souvenirs. Utiliser ce bonheur pour me reconstruire.
Il m'a sauvé, et ça, à vie !
Et ce « je t'aime », le même qu'il aurait dit (qu'il a sûrement déjà dit) à tom.
Un je t'aime qui passe au-delà de l'amour amoureux.
Un amour à nous.
On se suffisait lui et moi ...

Je soulève la feuille pour la serrer contre moi quand je vois une enveloppe dessous.


« Pour la nouvelle Zélande...

Je t'aime »


J'ouvre l'enveloppe... oh mein gott, un cheque... de 75000 euros !!!

Bill, moi aussi je t'aime mon ange, si tu savais combien je t'aime...




20 com pour la deuxieme partie de l'épilogue.


avertissement: qd j'aurai publié jusqu'à la fin, je supprimerai surement toute l'histoire.
mais peut-etre que je publirai mes autres projets de fic ...
chais pas
je nage là
épilogue premiere partie

# Posté le dimanche 05 août 2007 17:57

épilogue, deuxieme partie



Cela fait maintenant deux ans que je vis en NZ. J'ai tout expliqué à ma tante, comment j'ai eu l'argent, comment j'ai su qu'elle était en vie, en passant par Bill et mes mutilations.
Elle m'avait accueillie comme une princesse.
Quelques mois après, ma mère nous avait rejoins en s'excusant sincèrement pour tout le mal qu'elle m'avait fait. Je lui ai tout pardonné mais à elle je ne lui ai raconté que les grandes lignes de mon histoire.

Je suis des cours dans une fac de cinéma. Et en dehors des études, je suis manager d'un petit groupe de rock composé de nouveaux amis. On fait quelques tournées régionales.


Quant à tokio hotel, leur succès est tombé aussi vite qu'il était monté.
Officiellement le groupe est toujours ensemble, mais ça fait bientôt des siècles qu'ils n'ont plus donné une seule interview ou un nouvel album.


En ce moment, c'est les vacances, ma tante qui travaille à l'aéroport m'a trouvé un petit job.
Je prends les touristes à la sortie de l'avion et les emmène à leurs chambres d'hôtes.
Sois polie, souriante, réponds aux questions et marche lentement... ah je vais péter une durite.
Mais bon avec cet argent et mes économies, je vais pouvoir emmener mon groupe ds l'île voisine (nb : la nouvelle Zélande est composée de 2 îles).




« Ketty ?
- oui ?
- allez dépêche toi tu vas être en retard
- oui oui c'est bon
- alors aujourd'hui, c'est un vieux couple allemand. Euh non, attends... (regarde dans ses papiers) ah non les vieux c'est demain, là c'est ... euh...
- et ben heureusement que je connais par c½ur mon emploi du temps hein
- allez file au lieu de te moquer »


Chose dite, chose faite.

Ah oui, ma tante est pleine de qualités mais l'organisation et elle ça fait deux.


J'arrive à l'aéroport après 10 minutes de marche et je vois deux jeunes anglais.

« Hello
- hello, You're Ketty ?
- yeah, i am ... you're surely steve and... er... pete ?
- yeah
- good ... so we go”


je les amène a leurs chambres et repars.
Putain je vais faire ça combien de fois dans la journée moi ? !


De retour a l'aéroport, c'est tout un groupe de français que j'accueille.
Le bruit, le brouhaha général, et la chaleur règne ici.



« Ketty ? »




Une voix. Une voix hésitante. Une voix éloignée. Une voix qui ne fait pas partie du groupe. Une voix que j'aurai reconnu parmi des milliers....
épilogue, deuxieme partie

# Posté le mercredi 08 août 2007 11:03

Modifié le vendredi 10 août 2007 12:01

suite et fin

désolée pour le retard... voila la derniere partie ...

fidele a moi meme, c'est nul mais j'ai la flemme et pas l'envie de recommencer...







Je ne me retourne pas de peur que ce ne soit que mon imagination. J'aurai trop mal si ce n'était qu'un rêve, si je m'étais trompée, si j'avais confondu, si... si... si ce n'était pas lui, tout simplement. Lui, lui, LUI...

Je ferme les yeux, et... pense tout haut ?

« Mon ange ? »

« Mon c½ur !»

Un écho. Je me retourne hâtivement et le découvre. On se regarde intensément sans bouger.
A peu près trois mètres nous séparent.
Le temps s'arrête, plus rien n'existe.
Le brouhaha n'est plus gênant, les cris se font lointains, la chaleur intérieure.

On se dévisage, il n'a pas changé. Il n'a juste plus de maquillage et de vernis, et les cheveux à nouveau tout noirs. Ses traits si fins, son regard ténébreux, son visage d'ange.
On court en même temps puis on se saute dans les bras.
Ses bras m'entourent, les miens de même. On a nos têtes dans le cou l'un de l'autre.
Finalement, on ne s'est jamais quitté.
On se serre jusqu'à s'étrangler mutuellement...

Tom est juste à coté, regarde attendri, la scène qui se déroule sous ses yeux.
Il s'approche de nous, après un regard de ma part, et pose sa main sur l'épaule de Bill, il est ainsi en face de moi, et me sourit.
Je pourrais décrire ce jour comme le plus beau de ma vie.


« Il m'a tellement parlé de toi ce crétin...
- t'es bien content de l'avoir avec toi le crétin. »

Ils se chamaillent... leur c½ur d'enfant... leur c½ur d'ange.

On rit tous les trois.


« Bill, tu m'as tellement manqué ! »

On se détache enfin l'un de l'autre.

« Qu'est ce que vous venez faire ici ?
- on déménage en Australie et on une halte ici de trois heures avant qu'on reprenne l'avion
- déménager ? vous allez y rester alors ? pourquoi ce changement ?
- on veut recommencer une nouvelle vie
- 3 heures... c'est si peu
- alors faut profiter, crie soudain Tom
- il a raison, profitons »

J'accompagne le groupe de français (ouais ouais z'avez vu, je les ai même pas oublié) jusqu'à leurs chambres respectives et retourne retrouver les jumeaux.

On parle, on rit, on se prend dans les bras.
Tom est génial, par ailleurs je m'étonne à me retrouver en lui.
Peut-être c'est pour ça que Bill s'était autant attaché à moi ?

Malheureusement les trios heures passent vite, beaucoup trop vite.
Les jumeaux doivent me dire au revoir.
Tom me smack et me lance un clin d'½il, puis un « bye princess », il passe une main dans le dos de son frère au passage avant de nous laisser seuls lui et moi.

Il soupire...

« Bill... je... (J'étouffe mes mots, le chagrin me dominant trop)
- non... je t'en prie, ne pleure pas, dit-il en serrant mes deux mains entre les siennes
- je ne veux pas te perdre, c'est trop dur
- on ne se perdra pas ... je t'aime
- moi aussi mon ange, moi aussi. »

Baiser (NAN PAS CE BAISER LA BANDE DE PERVERSES) tout près des lèvres avant de s'enlacer.
Il prend une grande inspiration. Se retient-il de pleurer ?
Je respire son odeur à fond. Je veux me souvenir, m'imprégner de son odeur pour au moins l'éternité.

« Bill, je crois que tu dois y aller...
- embrasse moi »

Je m'approche de son visage. Il fait de même. Ce baiser n'a strictement rien à voir avec un baiser amoureux, ni même désireux. Non, c'est autre chose. Pas de désir, pas d'envie. Juste une infinie tendresse. Mon ange a fait de moi son âme jumelle.
Nous ne voulons pas mettre fin à notre baiser. Ce serait lui dire adieu définitivement.

Nous nous décollons finalement très lentement. On se regarde tant qu'on le peut sans en devenir aveugle, il recule puis se tourne finalement pour continuer sa route. Eloignement...
A chaque pas, une résonance m'enfonce le c½ur un peu plus profondément.

Il marche... sa chute du rein qui bascule... son pas félin... sa démarche fluide...
S'il se retourne... il tient vraiment à moi.

1...2...3...4...
Les secondes défilent... mon c½ur se serre.

Dans une brume étoilée, mon ange s'arrête, se tourne vers moi et m'éblouit de lumière.

Bien sur, s'il ne s'était pas retourné, ça aurait été une catastrophe. Il n'y aurait alors pas eu d'adieu. Je ne lui aurai pas pardonné. Adieu... je ne le reverrai jamais, chacun le sait.


Mais au fond lui et moi c'est pour toujours...








ENDE


je rappelle que vous pouvez considérer la fin de la fic au chapitre 28 ou là ou sa vous arrange^^


v
ous pouvez me poser n'importe quelles questions à propos de la fic... bien que je ne vois pas ce que vous pourriez demander lol


la prochaine fic sera publiée dans 3 jours...


et sinon j'ai des projets mais j'ai rien écrit encore ...


see you
suite et fin

# Posté le mardi 14 août 2007 11:14

précision de la fic + marre des groupies

une petite précision et réponse aux coms:

ils ne restent pas ensemble car ILS N'ONT JAMAIS ETE ENSEMBLE!!!!!!!!!

relisez bien... je dis tout le temps que ça a rien avoir avec une relation amoureuse... c'est comme une relation de gémélité ( = lien de jumeaux, pour les incultes)


______



passons aux choses sérieuses

deja, je prefere schrei a zimmer 483
et en plus schrei est bien plus rock que le 2nd album

alors moi je propose , enfin charly propose que pendant les concerts, on fasse, sur schrei justement, un gros pogo et on dégage toutes les groupies


hihaaaaaaaaaaaa


lol c'était une blague, n'empeche ce serait trop excellent
je serais tentée de mettre à éxécution ce plan ^^

# Posté le vendredi 17 août 2007 10:02

nouvelle fic : parle moi



j'espere que wings of freedom vous a quand meme plus,
je vous mets maintenant ma nouvelle fiction, parle moi

ce qui est souligné sont les titres des fois que vous auriez pas compris ^^


parle moi est un one shot ( pas d'arriere pene bertouch') que j'ai écrit entre 2 et 3heures du mat' je sais plus trop quand, mais ça remonte au moins à deux ou trois semaines.

dites moi ce que vous en pensez , je veux tout plein de critiques...






Je n'avais que 18 ans. Mais j'étais déjà morte. Crevée. Et le monde s'en foutait. Le monde se fout pas mal de la mort d'un homme. En l'occurrence et dans mon cas d'une femme. Si avait elle eu le temps d'être une femme. J'étais jeune, pourtant, mon visage, usé par le poids des années en révélait long. Comme un visage souillé, j'étais jeune mais empoisonnée, crevée de l'intérieur. La vie avait eu raison de moi faut-il croire.
« La vie ne l'a pas gâtée » voila ce qu'on disait de moi sur mon passage. Non, c'est vrai, elle ne m'avait pas gâtée, mais à vrai dire, elle ne m'avait pas pourrie non plus.
La seule chose qu'elle ait faite c'est me tuer.
En fait, non je me suis laisser crever toute seule. Nan, nan, pas laisser crever, je me suis crevée. C'était comme ça.
Mais cette vie là, dans l'hypothèse ou on puisse appeler ça une vie avait transformé mon visage. L'avait transmuté. Passait dans un autre monde.
Au delà, d'un regard désillusionné, fatigué, las, il y avait tout le reste. Une taille plutôt grande et plutôt mince, mais on lisait une vieille carrure sportive derrière. Tout en muscle et tout en sourire. Peut-être que j'avais réellement été comme ça. Peut-être ... peut-être...
Joues creuses... cheveux longs... peau si blanche devenue grise d'éclat... mais surtout ces yeux... ces yeux... bleus... si clairs... si foncés... si profonds... mais plus d'éclat dedans. Ils auraient pu être l'innocence parfaite, faire de moi un visage pur et doux voire bienveillant. Ces yeux qui auraient pu être le diable en personne. Sournois, vice, perfide, et tout ce qu'il y a de malsain. Je pouvais jouer les 2 rôles à la perfection, passer de l'un à l'autre. En quelques secondes seulement. Elfe à la sado-maso folle. Je me plaisais à me croire folle. Mais je ne l'étais pas. Pas plus que quelqu'un d'autre.
J'avais été belle, très belle, je le suis toujours... en enlevant ces cernes, cette lassitude profonde, cette souillure de vivacité qui m'habitait encore à ma parole...

Et cette nuit froide d'hiver était grise et maussade, comme toutes les autres nuits, comme tous les autres jours, je devrais dire comme tout en fait.


Vous me demanderez sûrement ce que je fous sur terre ? Mais ça, je vous l'ai déjà dit. Ou plutôt, suggéré. Je continue mon bout de chemin, aussi con soit-il. Et je fais rien. Laisser filer le temps entre mes doigts.

Pourquoi ne pas me tuer ? En finir pour de bon ?
En finir avec quoi ? Non parce que je n'en finirais pas.
Excusez moi, j'ai besoin de rire...


Non, parce que on ne finit pas. On fait ce qu'on doit faire. Et on revient toujours le faire si on pas fini cet « enseignement ». Alors, ma foi, autant le faire d'une traite.


Mais au suicide ? Si. Bien sur que si j'y ai pensé. Mais dans le fond je vois pas pourquoi ? En y réfléchissant je ne suis pas si malheureuse. Je crois même ne jamais l'avoir été, mais juste et malheureusement lassée de cette stupide vie qui ne veut pas en finir.


Et cette froide nuit d'hiver je marche. Sans but précis si ce n'est celui d'errer avec la neige qui te crache doucement un sanglot humide à la gueule. Parce que j'ai rien de mieux à faire. Juste des mitaines et une écharpe pour me réchauffer. Pas d'avantage.
J'aime profondément l'hiver. Pas le froid. L'hiver. Même si au fond je devrais le détester. Parce que j'y suis née. Parce que ma mère y est née, et que ma mère y est morte. Partie beaucoup trop jeune elle aussi. Mais elle ne méritait pas. Une femme extraordinaire. Pas parfaite, pas modèle, mais voila, c'était ma mère.
« Tant qu'elle vivra, je vivrais »
Voila ce que j'avais toujours dit et je ne m'étais pas trompée en fait. Mais il y a une chose que je n'avais pas prévue :
Elle continuait à vivre auprès des anges, moi je continuais à mourir auprès des hommes.
Ça, je ne m'en étais rendue compte qu'après sa mort, elle avait constitué à elle seule ma seule famille, tout ce dont j'avais besoin pour subsister. Les autres étaient là, avaient toujours étaient là sans que j'y prête attention, sans que je leur accorde la moindre importance. Alors quand elle est morte. On a tous suivi notre bout de chemin séparément. Non en fait, il n'y a que moi qui me suis séparée des autres. Mes 2 frères et ma s½ur étaient restés pour mon père. Et moi j'étais partie, continuer ailleurs et autrement. J'avais fais preuve d'un égoïsme assez développé, je le conçois. Mais à ce moment, être égoïste, c'était bien le cadet de mes soucis.
Et personne n'avait essayé de me rappeler. Peut-etre avaient-ils deviné que c'était en vain...



Je marchais sur le trottoir dans un coin un peu abandonné de Hambourg. Un coin où ne voyait pas mais d'où l'on pouvait entendre les remous du vieux port.
A mon arrivée, ça m'avait calmé. Ce bruit simple, si simple de la nature.
Mais aujourd'hui je n'avais plus besoin de me calmer, n'y même de m'énerver, parce que j'en avais rien a foutre des émotions souvent accompagnées d'un immonde dégoulinant de pleurs.
Mes manches retroussées laissaient apparaître ce qui avaient été mes anciens bras striés. De vieilles cicatrices qui ne valaient plus la peine d'être regardées. Découpés, ciselés, torturés, scarifiés, mutilés... mutilation... comme j'avais tant chéri ce mot ! Fallait-il encore être bien masochiste, et c'était bien ce que j'étais. Ce mot si doux, pour un acte si fort. M u t i l a t i o n. Ce mot n'est pas répugnant. Des lames, j'en voyais tous les jours, tous les soirs, à n'en pas cerner la différence. C'était une pure drogue, j'en avais besoin. Je ne savais même plus à quoi ça me servait. Je me vidais un peu plus chaque jour... me faire crever. Peut-etre c'était bien ça que je voulais. Crever sans crever. L'être sans le paraître, le paraître sans l'être. Mhhh, plutôt la première solution. J' sais pas trop...


Je continuais à marcher le long des berges mornes. Sous cette neige tombant doucement qui m'enlaçait. Les rares gens me faisaient sourire : se précipitant, courant pour aller s'abriter...
Ils vont rejoindre leur petite famille, se faire des sourires, raconter des histoires à ses enfants, aller fumer sa pipe devant la cheminée, avant d'aller tous ensemble décorer le sapin.



Il n'était pas très tard. J'entrais dans un petit bar et pris deux ou trois cafés. Je ne mangeais plus trop et je fumais beaucoup. Aussi je m'activais en restant endormie au café.


Le bar était presque désert, la lumière assez faible, éclairage et ambiance qui me font penser aux guinguettes, les soirs de noël, seuls les vieux désillusionnés sont encore là, avec pour se réchauffer le c½ur l'accordéon et la lumière du bar. Mais ce n'est pas triste. Il est comme ça. Jusqu'au moment où le patron, vous dit que vous feriez mieux de rentrer. C'est noël, il y a forcément quelqu'un qui nous attend. Quel con ! Qu'est ce qu'il en sait lui ? Peut-être qu'on est bien, seul sur cette terre aussi !


Je tourne la tête, et de par la petite fenêtre en bois aux barreaux de fer, j'entrevois deux silhouettes qui ont probablement l'air de se tenir la main. Il fait noir dehors mais je peux lire en eux. Ils m'intriguent ces deux la ! Ils se chuchotent je ne sais trop quoi. J'ai envie de savoir ; meme si ça ne me regarde pas.
Et puis peu importe. Ce n'est pas la curiosité qui va me bouffer, je suis déjà bouffée de toute manière, il n'y plus grand-chose à prendre encore.
Je paie mes cafés et sors.
Et là je peux entendre un bout de conversation des deux silhouettes. D'après les voix, j'en déduis que ce sont deux hommes, meme si l'un a une voix plus douce, plus féminine.
On peut lire dans leur voix, un intérêt sans borne pour le néant. Une désillusion eux aussi. Ils sont assis sur un muret, à la faible lueur d'un lampadaire qui, je crois, fait lui aussi ses au revoir aux mondes. Il agonise sans souffrance ; s'en va comme il est venu...


Je m'approche des deux silhouettes. Je leur donnerai mon age, vingt ans, tout au plus. Ils sont maigres, l'un encore plus que l'autre. Ils ont les joues creuses, un regard assez inexpressif... on dirait deux camés. Mais de jeunes camés, ceux qui voient encore dans la drogue une illusion, un infime espoir... ils se partagent une cigarette. Peut-etre la dernière du paquet.
Ils sont très proches, leurs cuisses se collent.
Je ne sais pas pourquoi, je m'identifie à ces deux la.
L'impression d'être crevés eux aussi.
A leur voix, non, ils seraient presque vivants, mais il suffit de regarder leur visage pour se rendre compte qu'ils sont morts. Comme moi. Exténués par la vie.

Je continue de les fixer, debout devant eux. Ils ont l'air de se foutre royalement de ma présence d'ailleurs.


« Redonne moi la cigarette ».

Son vis-à-vis lui met le mégot à la bouche avant de se le poser lui-même sur les lèvres.

Cette cigarette, se consume, un peu comme leur vie, un peu comme moi. Consumée.

Ils ont une meme gestuelle, une meme attitude, une meme expression, ils se répondent en écho. L'un semble deviner ce que l'autre dit. Ils doivent beaucoup s'aimer. Sûrement de vieux amants. Qui ont voulu refaire le monde. Des amants fusionnels, que leur amour passion a détruit. C'est une hypothèse.

Quelque chose m'intrigue chez eux. Ils ont quand meme quelque chose de plus dans les yeux. Une brillance serait beaucoup dire, mais un éclat peut-être. Un blanc ou un noir. Un blanc et un noir. Alors que les miens malgré leur bleu apparent ne reflètent que du gris.

L'un deux avec de longues dreads reprend la parole :

« Bill... qu'est ce qu'on va faire ?
- je ne sais pas
- on est si seuls Bill
- on est tous les deux
- pourquoi les autres ne veulent-ils plus de nous ?
- pourquoi sommes nous rejetés ?
- pourquoi on a cru ce connard ?
- pourquoi tout s'est brusquement arrêté ?
- qu'est ce qu'on fera sans musique ?
- le succès nous a bouffé
- tu continueras à chanter ? dis ?
- pour toi
- Bill... sers moi fort dans tes bras »


C'est ce que cet homme aux cheveux longs noirs et lisses s'empresse de faire.
Il enferme le dreadeux dans ses bras. Le recouvre d'une protection infinie de douceur. Ils sont morts eux aussi, mais ils sont morts a deux. Chacun lit et comble la détresse de l'autre.


Je ne peux m'empêcher de verser une larme. Tout en sachant que c'est inutile. Tout en sachent que cela doit faire maintenant deux ans que je n'ai pas pleuré.


Ils avaient dit cela d'un ton las, peut-être était-ce un dialogue qui se répétait tous les jours...



Le prétendu dénommé Bill lève les yeux vers moi, semblant enfin m'avoir vu.
Il me dévisage sans d'autre intérêt que celui de me regarder.
J'en profite pour faire de même.
Il a des traits particulièrement fins. Un regard usé et fatigué, trompé par l'hypocrisie et la méchanceté de ce monde. Il est beau, il est magnifique cet androgyne. Mais ses traits tirés et inquiétés le rendraient presque laid. C'est un ange. Mais si cet être là a des ailes, elles sont noires. Pas forcément parce qu'il a fait quelque chose de mal, mais le monde a teint ses ailes... carbonisées.


Il me fait signe de venir m'asseoir...
Bizarrement je m'exécute et m'assieds à coté d'eux sur le muret.
Mon bel androgyne ne dit mot. Mais ce n'est pas grave.
En fait, on n'a pas besoin de parler.
Je suis bien là. Peut-être qu'il me manque simplement une présence.


J'allume mécaniquement une cigarette.
Le dreadeux tourne vaguement la tête vers moi. Je lui tends alors ma clope, il prend une taf, la passe à Bill, qui se sert aussi pour me la rendre ensuite. On regarde ts les trois devant soi.


« Et toi qu'est ce qu'il t'es arrivé ? »

Ils ont dit ça d'une même voix, en même temps.
Au fond tout le monde sait qu'on s'en fiche pas mal de mon récit. Mais on parle, de quoi tuer le temps, l'ennui...


« À en voir nos visages, je dirais, mon histoire est votre histoire. On s'est laissés submergés par une solitude qui ne ronge pas et puis qui nous entraîne dans un débit
- de je-m'en-foutisme et de fatalisme
- qui nous bouffe de l'intérieur mais
- on ne veut plus agir
- parce que finalement on est bien là. »


On finissait chacun les phrases de l'autre.


« Ça dépasse la tristesse
- c'est comme le néant
- c'est le néant
- ...
- ...
- ... »



Un silence se fit. Un silence parmi tant d'autres. A voir sans être blasée tout ce qui défile devant nos yeux.
On voit, malgré nous, mais jamais on ne regarde.
On entend mais jamais on écoute.
On laisse le monde être... c'est tout...


« Moi c'est tom dit soudain le dreadé.
- bien... moi c'est katiouchka
- Bill... »

Nous continuons à regarder devant nous, même quand nous parlons.


« On avait un groupe de musique
- avec des amis
- une belle carrière commençait
- mais ce milieu est pourri jusqu'aux entrailles
- le buisines nous a détruit
- on commençait à faire n'importe quoi
- même pas vu qu'on se détachait de nos amis
- l'un a fini dans la drogue
- l'autre on sait pas
- moi aussi je me drogue
- ça ne sert pas à grand-chose
- mais ce n'est pas souvent , se justifie l'autre
- on laisse faire les choses»



Ils disent tout ça sur un ton las, morne, sans intérêt. La vie, la mort, les amis, la drogue, c'est pareil...


« Et on continue notre bout de chemin » conclué-je.



°o0O0o°




« On va y aller maintenant », dit Tom

Ils se lèvent du muret...

Bill me dit : « on se reverra »

J'en doute. Oui, ça m'étonnerait.

C'est une des phrase toutes faites qu'il doit connaître par c½ur, qu'on lui a inculqué dans sa tête de gamin innocent.
ou alors notre rencontre n'était vraiment rien d'un hasard...


« D'accord... a bientôt » répondis-je du même ton que lui. Du même ton que toute la soirée.


Peut-être j'aimerais les revoir. Parce que je me suis identifiée a eux dans l'espace et le temps de quelques secondes. Ils n'avaient pas un intérêt pour moi plus grand que d'autres personnes. Mais ils étaient beaux, beaux de l'intérieur, même si rongés par un quelque chose d'infiniment petit qui prendra peu à peu toute la place. Eux, je leur ai parlé sans avoir couché avec. Eux, oui, J'aimerais les revoir. Mais je sais bien qu'on ne se reverra pas, ça ne servirait tout simplement à rien ; un peu de chaleur intérieure. Mouais ptet' bien.



Je les vois s'éloigner petit à petit.
Ils se retournent en même temps...

Et là, quelque chose me frappe. Je vois pour la première fois leurs deux visages face à moi.


Dieu, ces deux la sont jumeaux !



Mes yeux sont à nouveaux embués. Je tourne le dos. Et continue mon bout de chemin...





ENDE






alors? alors ?



j'étais à fond dans ma période burton, est ce que ça se ressent ?

bon pour les prochaines fictions, j'ai plein d'idées mais j'ai pas envie d'écrire en ce moment.
donc je vous pviendrai quand ce sera là.
que ceux qui veulent etre prévenus me laissent un com parce que je vais pas m'amuser a envoyer un com à chacun


pix: je trouve que cette image illustrait très bien ma fic...
2 jumeaux, les joues creuses, le regard inexpressif...
nouvelle fic : parle moi

# Posté le vendredi 17 août 2007 11:26

Modifié le vendredi 18 avril 2008 15:39